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Vous avez
peut-être déjà entendu parler de l’accouchement dans l’eau. Je vous propose de
vous faire partager ma récente expérience en la matière !
Dès que j’ai su que j’étais enceinte, j’ai expliqué au futur papa que je rêvais
d’accoucher dans l’eau et si possible dans une maternité spécialisée comme
celle d’Oostende (en Belgique).
Nous avons obtenu beaucoup d’informations via le site Internet de l’association «Aquarius» (www.aquanatal.be) et grâce à Monsieur Desmedt qui est à l’origine de cette association. Nous avons contacté le Dr Ponette, gynécologue réputé mondialement pour son expérience en la matière. Il a demandé à nous voir trois fois au cours de la grossesse (premier rendez-vous à 20 semaines de grossesse puis à 32 et 38 semaines). A chaque fois que nous sommes venus aux rendez-vous avec le Dr Ponette, nous sommes allés à la préparation aquatique prénatale proposée par l’association « Aquanatal ». Nous avons appris différents mouvements alliant respiration et exercices circulatoires et musculaires, sans oublier les moments de relaxation. Les futurs papas sont plus que bienvenus : il s’agit d’une prise en charge du couple. Ces cours se déroulent tous les jeudi soirs dans un petit bassin d’eau salée chauffée de la piscine municipale d’Oostende. A 39 semaines de grossesse à la demande du Dr Ponette, je suis allée passer une radiologie du bassin. C’est systématique pour les futures mamans qu’il voit peu pendant la grossesse. Etant donné la faible quantité de radiations nécessaires j’ai accepté cet examen d’autant plus que cela m’a rassurée de savoir que j’avais un bassin « comme une autoroute » ! La nuit même de cette radio la poche eaux s’est rompue (vers 1h30 du matin). J’avais des contractions non douloureuses environ toutes les cinq minutes. A chaque fin de contraction je sentais le liquide amniotique couler. Sans paniquer nous sommes partis à la maternité Henri Serruys d’Oostende. L’infirmière de garde aux urgences la nuit du 20 mars 2006 nous a accompagnés jusqu’à l’étage de la maternité. La sage-femme qui nous a pris en charge nous a accompagnés en salle de pré-travail. Elle a branché le monitoring, rempli le dossier administratif et d’accouchement puis elle a examiné mon col : il était ouvert de 2 cm ! J’étais contente d’avoir fait une partie du travail à la maison. Après 30 minutes d’enregistrement la sage-femme a débranché le monitoring et m’a encouragé à bouger. Elle m’a d’ailleurs donné un gros ballon pour faire des rotations du bassin. A chaque contraction je respirais calmement et profondément, si possible avec le ventre dans le vide, comme je l’avais appris au cours de la préparation sophrologique faite pendant la grossesse chez une sage-femme libérale. A 7H les contractions étaient plus fortes mais pas plus fréquentes, toujours toutes les cinq minutes. Nous avons eu des plateaux pour le petit déjeuner mais contrairement au futur papa, je n’avais pas beaucoup d’appétit. La sage-femme m’a examiné pour la deuxième fois : mon col était fin (effacé) et à 3 cm. Cette fois j’étais déçue par la lenteur de la progression du travail. Nous sommes donc allés marcher dans les couloirs, j’ai pris une douche dans la chambre qui nous avait été attribuée, j’ai refait du ballon… A 10H nouvel examen : mon col est à 4 cm, presque 5 ! Les contractions s’enchaînent au même rythme (toutes les 5 minutes). Le Dr Ponette qui a été tenu au courrant de l’évolution du travail vient nous voir. Il nous explique que pour éviter d’avoir un travail trop prolongé la sage-femme va me faire une injection d’ocytocine. Le but étant d’avoir des contractions plus intenses et plus rapprochées. N’ayant pas de perfusion, la sage-femme m’injecte l’ocytocine dans la fesse. L’effet est radical puisque après quelques minutes seulement, les contractions sont plus fortes, plus longues et plus fréquentes. Je sens la tête de notre bébé appuyer sur mon col et je ne suis bien qu’à genoux sur le lit pendant les contractions. Je respire plus profondément et plus vite et j’essaie de visualiser mon col qui s’ouvre de plus en plus, ce que j’avais appris en sophrologie. Une demi-heure après l’injection la sage-femme examine mon col : il est à 5 cm en dehors de la contraction et à 6 cm pendant. C’est le moment d’aller dans la salle d’accouchement. Je dois m’arrêter à plusieurs reprises pour y parvenir, le temps de souffler pendant la contraction. Nous sommes invités à prendre une douche avant d’entrer dans le grand jacuzzi (8 places). Le contact avec l’eau chaude m’apaise instantanément. Pendant les contractions je me balance d’avant en arrière, à quatre pattes en respirant le plus calmement possible, les yeux fermés. Lorsque la contraction est passée le futur papa me berce comme nous l’avions appris au cours de préparation aquatique. Malheureusement ces moments de détente sont courts.
Après environ 30-40 minutes passées dans le jacuzzi, j’ai de fortes nausées. Nous appelons la sage-femme qui m’aide à sortir de l’eau pour m’examiner sur la banquette de la salle d’accouchement. Je tremble comme une feuille malgré les serviettes qui me recouvrent et j’ai du mal à m’allonger. La sage-femme trouve mon col ouvert à 8 cm en dehors de la contraction et à 9 cm pendant la contraction. Avec son aide, je vais dans la baignoire d’accouchement. Le Dr Ponette prévenu de l’imminence des évènements est arrivé. Mon col est alors complètement ouvert. La tête de notre bébé est engagée dans mon bassin. A chaque contraction je me mets à quatre pattes ou accroupie. Le gynécologue me demande de faire un essai de poussée. Pour cela, je dois m’asseoir et c’est tellement inconfortable que je pousse n’importe comment. Le Dr Ponette me propose alors de renouveler l’essai en position accroupie : c’est beaucoup mieux ! Après avoir poussé au cours de deux contractions la tête de notre bébé arrive au niveau du périnée. Maintenant je sens l’envie de pousser.
La voix du Dr Ponette me guide, le futur papa et la sage-femme m’encouragent mais j’ai l’impression d’être dans une bulle, concentrée sur ma respiration. J’ai réussi à m’asseoir. Je touche la tête de notre bébé qui est en partie à l’extérieur ! Le gynécologue m’explique qu’il va faire une petite épisiotomie pour éviter une vilaine déchirure. Il réalise alors une anesthésie locale (sous l’eau) et lors de la contraction suivante je sens une vive douleur au niveau du périnée alors que je pousse pour aider notre bébé à naître. Je crie et j’entend : « la tête est là ! » puis aussitôt je sens l’épaule droite glisser sous mon pubis et je regarde sans comprendre immédiatement que notre fille est née ! Il est 13H47. Pendant la naissance son papa a pris des photos en rafale et il photographie toujours notre fille qui est soutenue sous l’eau par le Dr Ponette. Je suis très émue de voir notre bébé « nager » ainsi devant moi toujours reliée par son cordon ombilical.
Après environ une minute je peux sortir notre fille de l’eau et la poser sur mon cœur. C’est un grand moment d’émotion, une magnifique rencontre les yeux dans les yeux. Son papa est ému lui aussi et il retrouve contenance en coupant le cordon. La peau de notre bébé est passée du bleu (c’est normal) au rose en quelques minutes. La sage-femme la prend alors afin de mettre la pince de Bahr sur son cordon, de la sécher et de la recouvrir d’un linge chaud avant de la déposer au creux des bras de son papa. La suite est moins réjouissante : je dois sortir de la baignoire pour grimper sur la table qui l’avoisine. C’est le moment de la suture de l’épisiotomie sous anesthésie locale. J’avoue que la suture du plan superficiel de la peau fait mal. Heureusement la sage-femme a déposé notre fille sur moi en peau à peau et j’essaie de me concentrer sur ce bonheur tout neuf. Le papa me soutien aussi en essayant de détourner mon attention de la suture. Enfin c’est le tour du placenta : le Dr Ponette appuie sur mon ventre pour le faire sortir. Il est entier et bien formé. C’est terminé ! Tout le monde nous félicite et le gynécologue s’éclipse. La sage-femme me lave avant de m’aider à entrer dans mon lit. Elle cale notre fille contre moi et nous raccompagne dans la chambre. Là je vais donner le sein pour la première fois. La sage-femme nous laisse en famille et nous partageons notre bonheur dans l’intimité.
Deux heures après l’accouchement la sage-femme vient s’occuper de moi et de notre fille. Elle est pesée, mesurée et habillée pour la première fois. Et c’est une nouvelle vie qui commence pour nous trois… Discuter de cet article dans les forums. (13 Messages) |