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Nous avons tous le même stéréotype lorsque nous parlons de portage en Afrique: la femme qui porte son enfant dans le dos avec un pagne. Evidemment cela ne reflète qu'une part des coutumes de la population. Pour en savoir plus lisez la suite !
Burkina Faso « Les mères mossis, lorsqu'elles se promènent en brousse, prennent bien garde de ne jamais poser leur bébé au sol, car les mauvais génies pourraient bien subtiliser l'enfant et le remplacer par un faux qui, dès son retour au village, tomberait malade ». Bébés du monde de Béatrice Fontanel et Claire d'Harcourt Burundi (Afrique de l'Est)
« Infirmier depuis 1999, j'ai eu l'occasion de participer à une mission humanitaire avec Médecins Sans Frontières de février à août 2002. [...] Par ailleurs j'ai pu observer les différentes techniques de portage lors des consultations des mères en post-partum, ou lors du suivi des enfants malades. Le matériel utilisé par les mères pour porter leurs enfants est un grand morceau de tissu en coton coloré. Il n'est pas rare de voir une mère porter plusieurs de ses enfants, étant donné la forte natalité. Deux techniques se complètent donc : Pour un seul enfant, la procédure consiste à mettre l'enfant sur le dos, la maman se penchant en avant; à passer l'étoffe derrière le dos de manière à maintenir le corps du bébé et à nouer le tissu au dessus des seins. Pour deux enfants, l'enfant le plus jeune est porté de la même manière, son aîné étant quant à lui porté sur la hanche. Au départ j'ai dû avouer ma surprise en voyant que les nourrissons s'accommodaient très bien à la technique du portage sur le dos. En effet, le mouvement de « roulis » imposé par la marche ne les empêchait pas de dormir et, plus étonnant, l'environnement bruyant perturbait rarement leur sommeil. Je n'ai pas vraiment d'explications à ce constat, si ce n'est peut- être que le contact peau à peau et la permanence de l'odeur maternelle liés au portage avaient un effet anxiolytique suffisant pour que les bruits de la vie alentour ne perturbent pas la qualité de l'endormissement. [...] En conclusion, je voudrais donc dire que le portage des enfants relève à la fois de la nécessité de faire face à un contexte économique local défavorisé (peu ou pas de routes, trottoirs inexistants, rendant illusoire de faire rouler une poussette, sans parler de son prix) et d'une conception de la relation mère-enfant nécessairement autre, propre à la culture africaine ... De l'impact sur le développement affectif et psychomoteur de tous ces enfants portés, il semble bien difficile de tirer une conclusion a priori, cela mériterait d'ailleurs peut-être d'être étudié scientifiquement dans une étude comparative avec les enfants transportés en poussette... Je peux juste donner mon impression en disant que les enfants portés me semblaient étonnants de vitalité et de résistance compte tenu des conditions d'hygiène défavorables et du suivi en santé quasi nul dans les premières années de la vie (tout ceci étant à nuancer du fait de la forte mortalité infantile liée aux maladies endémiques telles que le paludisme, le choléra, le SIDA, la méningite, et la malnutrition) et qu'à ce titre il pourrait sembler intéressant de proposer ou d'encourager le portage des bébés dans nos pays ». Bruno SAUTERON- le portage des bébés au Burundi (Afrique de l'est). Cameroun « ... les femmes komas, sur des terrains accidentés, grimpent comme des cabris avec juchées sur leur tête, de lourdes cruches remplies d'une bière faiblement alcoolisée, dont elles donnent d'ailleurs quelques gorgées à leur nourrisson. D'une démarche altière, elles portent ainsi quelque vingt kilos sur la tête, et un bébé d'une dizaine de kilos sur le dos, tout en fumant la pipe ». « Chez les komas du Cameroun, le père confectionne aussi le porte-bébé : il est par ailleurs chargé d'apporter régulièrement à sa femme du feuillage frais pour fabriquer la petite touffe « cache-fesses » suspendue sous le porte-bébé ». Bébés du monde de Béatrice Fontanel et Claire d'Harcourt Forêt équatoriale d'Afrique « le bébé pygmée est l'objet de toutes les attentions. Porté par sa mère, son père ou ses frères et sœurs, il participe à toutes les activités du clan. Généralement l'enfant est à califourchon sur la hanche, soutenu par un bandeau latéral. Ainsi le porteur peut à la fois utiliser sa main droite et veiller au bien-être du bébé : il abritera par exemple le nourrisson du soleil brûlant avec une grande feuille de bananier en guise d'ombrelle. Mais si un long voyage en forêt est prévu - changement de campement, grande chasse - une courroie de portage sera confectionnée dans une écorce protectrice cousue ou nouée. Le bébé sera porté en plaçant le bandeau haut sur le front : cette technique permet de supporter plus longtemps le poids d'un enfant, même grand. Ainsi une sœur de cinq ou six ans pourra-t-elle suivre ses parents, déjà chargés ou occupés par la chasse et la cueillette, en portant son cadet ». Bébés du monde de Béatrice Fontanel et Claire d'Harcourt Kalahari en Afrique « ..., les enfants Kung du Kalahari, en Afrique, sont en permanence en étroit contact physique avec leur mère. Celle-ci les porte dans une bandoulière de cuir, et ils reçoivent beaucoup de caresses et d'embrassades de la part des enfants plus âgés». Mali Les bébés s'endorment sur le dos de leur mère et bénéficient de beaucoup de contacts avec de nombreux adultes différents ce qui les encourage à développer la capacité de s'ajuster à des postures variées. Les bébés bambaras sont portés sur le dos environ 40% du temps de la journée à 2 mois. Ce taux chute à 20% vers un an. Le portage sur la hanche s'impose alors. On observe aussi que la fréquence du portage diminue quand la mère reste à la maison. Cette pratique est donc liée à l'activité maternelle. Le mode de portage varie aussi en fonction de la compétence motrice du bébé et de son état de veille. Un petit bébé ou un bébé qui dort est porté de façon à être entouré et soutenu (notamment la nuque). Un bébé plus âgé ou éveillé aura les bras et les jambes libres de bouger. « Chez les Dogons du Mali, les écharpes pour porter les enfants sont faites de bandes d'étoffes teintes en bleu indigo qui évoque le liquide amniotique ». Bébés du monde de Béatrice Fontanel et Claire d'Harcourt Ouganda
« Des études menées en Ouganda montrent que les bébés portés en position verticale marchent plus tôt et ont un développement plus rapide dans d'autres domaines. Cette position élevée élargit le champ visuel du bébé et l'aide à développer les muscles de son dos et de son cou. Ainsi portés toute la journée, les bébés ougandais se familiarisent avec le monde qu'ils contemplent de haut. Les enfants tenus de cette façon sont plus calmes ; les études montrent qu'ils pleurent moins souvent que les bébés qui ne sont pas portés régulièrement ». Les bienfaits du toucher de Tiffany Field Rwanda « Le même mot est employé pour désigner le placenta et la peau de mouton dans laquelle est placé le bébé ». Bébés du monde de Béatrice Fontanel et Claire d'Harcourt Sénégal « Chez les Bassaris du Sénégal, les porte-bébé de cérémonie font bruisser leurs franges de perles au rythme des danses des mères ». « ... le père fabrique le porte-bébé en peau d'antilope ou de chèvre pendant que sa femme est enceinte ». « Les femmes portent leur bébé sur le dos avec un pagne. C'est un tissu rectangulaire, plus étroit au niveau des petites largueurs, ainsi elles savent nouer le tissu au-dessus et sous les seins ». Les bienfaits du toucher de Tiffany Field Bébés du monde de Béatrice Fontanel et Claire d'Harcourt Témoignage de Donatienne Poelaert Discuter de cet article dans les forums. (0 Messages) |