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Les bébés prématurés peuvent également être portés, il s'agit du portage kangourou qui est né en Colombie en 1978.

Voyez également nos nouvelles rubriques sur le Portage des Prématurés.

Les mères kangourous

Né en Colombie en 1978 à l'Instituto Matemo Infantil, le portage kangourou a permis de faire face au manque de couveuses pour les prématurés. Ce sont les pédiatres Edgar Rey Sanabria et Hector Martinez Gomez qui sont à l'origine de cette technique inspirée des marsupiaux. Aujourd'hui le portage kangourou est obligatoire en Colombie pour les bébés prématurés ou hypotrophes. Si les parents refusent, leur bébé est mis en incubateur mais aucun frais n'est remboursé par la sécurité sociale...

Le portage kangourou consiste à mettre le bébé nu, debout, contre la poitrine de sa maman (ou de son papa transformé en père kangourou) et ce jour et nuit. C'est la maman qui joue le rôle de la couveuse.

Dans cette technique on privilégie l'allaitement maternel. Le suivi médical est omniprésent : le bébé est vu à la consultation tous les jours jusqu'à ce qu'il prenne minimum 20g par jour. Ensuite il est vu une fois par semaine jusqu'au terme prévu, puis comme tous les autres bébés.

En Colombie, les parents ne sont pas les seuls à porter l'enfant, ils peuvent passer le relais à un autre membre de leur famille (sœur, frère, père, mère, autre enfant).

L'enfant n'est pas baigné jusqu'à ce qu'il retrouve un poids normal ou qu'il atteigne son terme. C'est l'équipe médicale qui donnera le feu vert aux parents. En attendant ce jour, l'enfant est seulement changé quand c'est nécessaire.

La méthode kangourou occidentale

« Une autre forme de toucher qui apaise l'enfant, notamment les prématurés, est celle du portage kangourou. Venue de Colombie, cette pratique de proximité précoce est ainsi nommée parce qu'elle évoque la façon dont les marsupiaux portent leurs jeunes. Dans ce type de portage, la mère ou le père tient l'enfant avec sa couche ou tout nu sous ses propres vêtements, peau à peau, et le bébé a la tête entre les seins de sa mère ou sur la poitrine de son père. Dans cette position, les bébés sont tenus bien au chaud et ont un rythme respiratoire et cardiaque régulier, ainsi qu'une bonne oxygénation. Ils dorment aussi plus profondément, sont plus alertes dans les moments d'activité, et pleurent moins. En outre, les mères qui adoptent cette pratique de portage allaitent leur enfant et s'attachent ainsi davantage à lui. Selon Gene Anderson, une infirmière qui a mené de nombreuses études, ce type de portage favorise aussi une croissance normale de la tête parce que la position verticale est meilleure que la position couchée, où le nourrisson a la tête enfoncée dans le matelas ».

Il existe des ceintures de portage, sorte de tee-shirt sans manche qui s'enfile autour du buste. L'enfant est glissé à l'intérieur, en peau à peau avec sa mère. Il porte seulement un lange, un bonnet et des chaussettes. Le bébé est baigné un jour sur deux pour limiter les pertes caloriques qui surviennent lorsque le bébé à froid.

Le bébé montre quand il ne veut plus être porté ainsi en grattant la peau de son porteur. En général cela coïncide avec l'atteinte d'un poids correct ou de son terme.

Les conditions

  • poids de naissance inférieur ou égal à 2000g
  • stabilité hémodynamique et respiratoire
  • absence de pathologie grave nécessitant une réanimation néonatale
  • prise de poids en incubateur
  • réflexe de succion
  • coordination succion-déglutition
  • mère et famille aptes et disponibles.

Les avantages de la technique kangourou

  • le contact avec les parents permet à l'enfant de finir sa maturation. La mère est une source de chaleur, d'alimentation et de protection pour son bébé. Par le contact direct et permanent avec le corps de sa maman, le corps du bébé est maintenu à une température optimale et constante.
  • Le prématuré peut prendre le sein et se nourrir selon ses besoins. Il est protégé contre les infections par les anticorps du lait maternel et par l'absence de contact avec des corps étrangers si nombreux en milieu hospitalier.
  • L'accent est mis sur la relation physique entre l'enfant et sa mère qui est très souvent culpabilisée d'avoir mis au monde un bébé « imparfait ».
  • Cela permet à la mère de prendre confiance dans ses capacités et dans celles de son enfant en lui laissant sa place de mère.
  • Les visites des frères et sœurs, de la famille et des amis est possible : le séjour à la maternité conserve son rôle social en permettant à la mère de présenter son enfant.
  • Cette technique permet de dédramatiser les soins. Les soignants s'occupent de l'enfant devant la mère en la faisant participer et en expliquant chaque geste. Les mères sont très vite capables de s'occuper de leur bébé prématuré ou de petit poids.

Les résultats de la méthode.

  • amélioration de la respiration
    Respirer reste la principale difficulté du prématuré. L'oxygénation des bébés kangourous est favorisée par la position verticale et la détente. Le peau à peau agit sur le système nerveux de l'enfant et se traduit par l'absence d'apnées.
  • amélioration de la régulation thermique
    Le prématuré ne peut maintenir sa température corporelle seul pendant plusieurs semaines ou mois. Le peau à peau permet de maintenir l'enfant à une bonne température.
  • meilleure structure des hanches
    La position verticale maintient l'articulation des hanches ouverte et évite les luxations de la hanche.
  • diminution des infections
    La flore microbienne de la mère et de son bébé est identique donc, le risque d'infection est nul. Par contre, les micro-organismes présents en milieu hospitalier en dépit des efforts d'hygiène, sont des facteurs de risque de pathologies pour les prématurés.
  • prolongement de la période d'allaitement
    L'allaitement d'un prématuré en couveuse est compliqué et difficile pour les mères. A l'inverse, lorsque l'enfant est contre sa maman en permanence, elle l'allaite naturellement, en toute simplicité. Les mamans kangourous ont conscience de leur rôle dans la survie de leur enfant, elles ont confiance en elles et tout se passe bien.
    Les mamans dont les enfants sont en couveuses, se sentent mises à l'écart : leur enfant vit grâce aux machines, aux soignants,... mais pas grâce à elle ! On comprend que l'allaitement soit difficile voire impossible avec cet état d'esprit.
  • meilleur équilibre émotionnel
    Les bébés kangourous pleurent moins. Ils restent en famille ce qui ne perturbe pas l'équilibre affectif familial. De plus, la maman ne se sent pas coupable d'avoir échoué, de n'avoir su accoucher à terme. Puisqu'elle participe à son bien-être, la maman est plus détendue.
  • amélioration du sommeil
    Le sommeil paradoxal est augmenté, le système nerveux arrive plus vite à maturation.
  • ambiance de calme autour de l'enfant
    L'enfant est au chaud contre sa mère, protégé.
    Les bébés en couveuse sont réveillés pour les soins toutes les deux heures, jour et nuit. Ils reçoivent la lumière vive en plein visage, il y a le bruit des appareils de surveillance, l'odeur des médicaments, des désinfectants... tout cela ne ressemble pas à l'environnement feutré et aimant des bébés kangourous.
  • les parents sont plus épanouis
    Les parents prennent leur bébé en charge, ils ne sont pas frustrés par l'exclusion qu'ils subiraient en milieu hospitalier. L'enfant n'est pas séparé de ses proches. Ses parents ont une relation très privilégiée avec lui.
  • moins d'abandon d'enfants dans les pays pauvres
    Les parents s'attachent très vite à leur enfant et ne veulent pas l'abandonner puisqu'ils comprennent que c'est leur présence qui le maintient en vie. Lorsque le bébé est en couveuse, ils n'ont pas l'impression que l'enfant a besoin d'eux, l'attachement est beaucoup difficile.
  • Economies
    La méthode kangourou ne demande pas d'investissement financier. Cette technique nécessite le temps et la présence de la mère ou du père. La disponibilité des parents pour sauver leur enfant n'est évidemment pas facturable ! A l'inverse, les bébés en couveuse coûtent très cher à la société. L'hospitalisation de longue durée, le salaire des soignants, les consultations des médecins, l'utilisation de matériel médical, les traitements, les examens... tout cela engage des frais astronomiques.

Les kangourous de Clamart

C'est à Clamart, à l'hôpital Antoine Béclère, qu'est née la première unité kangourou française, le 1er mai 1987. L'objectif de Michèle Vial, pédiatre à l'origine du projet, était de permettre aux mamans de rester avec leur bébé, sans pour autant les transformer en « couveuse ambulante ». L'intérêt était donc plutôt d'ordre psychologique et affectif.

L'unité est composée de chambres individuelles réparties autour du poste central. Le poste central est une pièce où les mamans peuvent trouver les infirmières pour répondre à leurs questions, leurs besoins et ceux de leur enfant. Une pièce attenante au poste central est réservée aux couveuses qui servent lorsque les mamans veulent souffler un peu ou pendant la nuit. Les enfants sont alors monitorisés afin de faciliter leur surveillance. Les mamans peuvent participer aux soins de leur bébé et elles peuvent prendre l'enfant contre elle, en peau à peau quand elles le souhaitent.

Unité mère enfant

Quels enfants : ceux qui souffrent de pathologie ne mettant pas en jeu le pronostic vital. Infection materno-fœtale asymptomatique, suspicion d'infection, ictère simple, hypocalcémie, nouveau-né de mère diabétique, prématurité supérieure à 32 semaines, dysmaturité modérée (poids de naissance <2500g), souffrance fœtale aiguë modérée, difficulté d'alimentation, surveillance après prise de traitement spécifique chez la mère.

Organisation : l'unité est un local au sein de la maternité. La nuit, les enfants y sont regroupés pour être sous la surveillance d'une infirmière. Les mamans qui veulent garder leur bébé la nuit peuvent le faire à condition de dormir avec l'enfant dans la ceinture de portage. La journée, lorsque son état le permet, l'enfant reste dans la chambre de sa maman et c'est l'infirmière qui se déplace pour pratiquer les soins. Dans chaque chambre se trouve tout le matériel nécessaire pour la réanimation du bébé au cas où son état se dégraderait brusquement.

Soins techniques : surveillance de la fonction respiratoire et cardiaque, surveillance glycémique, gavage, perfusion brève, antibiothérapie intraveineuse, surveillance de la thermorégulation, photothérapie, surveillance des fonctions digestives et urinaires, soins d'hygiène, alimentation à la tasse, administration de traitement, prélèvements (sang, urines).

Soins éducationnels : aide et soutien psychologique, éducation des parents, aide pour la mise en place de l'alimentation.

conseils et démonstration : toilette, sommeil, prendre le bébé de la couveuse pour le mettre peau contre peau, ...

Relation enfants/parents/soignants : Le soignant est là pour exécuter certains soins, pour servir de médiateur entre le médecin et les parents et pour apporter conseils et confiance en soi aux parents.

Le soignant expliquera à l'enfant pourquoi sa maman ne peut pas s'occuper de lui au début, quels soins il va recevoir. Le bien-être de l'enfant est favorisé par un contact sur le corps de la maman, par des caresses.

Les soignants montreront aux parents, tant par la parole que par les gestes, qu'ils ne sont pas là pour prendre leur place mais pour les aider à trouver la leur auprès de leur bébé. Il est primordial que les parents ne se sentent pas jugés dans leurs paroles, leurs gestes et leurs comportements.

Objectif : que l'enfant puisse sortir rapidement en étant dans les meilleures conditions tant physiques que psychologiques.

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Article « les mères kangourous de Bogota » page 16 du numéro 1 du journal de votre ENFANT édité par la ligue des familles.
Les bienfaits du toucher de Tiffany Field page 77-78
L'éveil de l'enfant de Yolande Buyse pages 74 à 76
 
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